Jamaa al-Jdid ( الجامع الجديد, « nouvelle mosquée » en arabe) est une des mosquées historiques d’Alger. Elle est située dans le quartier de la basse Casbah. Elle a été construite en 1660 par le dey Mustapha Pacha dans le style mauresque. Sa proximité avec la mer lui valut aussi son surnom de Mosquée de la Pêcherie (Djamâa El-Houatine).

Elle est construite en pierre, marbre, brique et plâtre. Le décor intérieur est fait de céramique et de bois.

Inscription de l’ogive du Mihrab

«  الحمد لله وحده و صلى الله على سيدنا محمد اما بعد رحمكم الله قد اجتهد في بنيان هدا المسجد عبد الله اراجي عضو مولاه المجاهد في سبيل الله الحاج الحبيب كان الله له عونا. »
« Louange à Dieu unique. Que Dieu répande ses grâces sur notre Seigneur Mohammed. Ensuite, que Dieu vous accorde sa miséricorde. Celui qui s’est occupé, avec zèle, et assiduité, de la construction de cette mosquée, l’adorateur de Dieu, qui espère l’indulgence de son Maître et qui se consacre à la guerre sainte pour l’Amour de Dieu, c’est El-Hadj Habib, que Dieu lui soit en aide! »
Architecture
Cette mosquée, l’un des édifices les plus importants de la période ottomane, est encore aujourd’hui le grand temple hanafite. Certaines de ses formes évoquent l’art byzantin. Elle aurait été conçue par le maître d’œuvre musulman al-Hâjj Habîb qui se conforma aux modèles ottomans, et non comme le raconte la légende par un esclave chrétien qui aurait marqué cette mosquée du symbole de sa foi.
Son plan est basilical, ses trois nefs perpendiculaires au mur de la qibla sont coupées par cinq travées. La nef centrale et l’avant dernière travée sont surélevées formant au niveau du toit une croix latine, dont le croisement des bras est surplombé d’une coupole, tandis que les nefs latérales sont couvertes de coupolettes et de terrasses plates surmontant des arcs de cloître, allégés à leur base de défoncements en arc brisé. La nef centrale est couverte en berceau, ses arcs doubleaux retombent sur des piliers cruciformes ; elle magnifie l’espace de la qibla par une largeur importante et par une coupole sur pendentifs légèrement ovoïde, dont le profil à la pointe nettement accusée rappellerait le dôme de l’église syrienne de Saint-Georges d’Ezra. L’usage des pendentifs évoque les coupoles d’Istanboul. La coupole est circonscrite aux quatre angles par les coupolettes ovoïdes des nefs latérales, qui reposent sur un tambour octogonale et quatre pendentifs. Solution classique dans le monde byzantin, dont on connaît de nombreux exemples à Constantinople, comme à la Kilise Camii. De larges voûtes en berceau relient ces coupoles d’angles. Des massifs de maçonnerie en assurent la stabilité, suivant un procédé familier aux constructeurs byzantins. Les arcs de cloître ont pu être ici préférés aux coupoles car les espaces à couvrir étaient rectangulaires et non carrés.
Son mihrâb possède une niche octogonale, coiffée d’un cul-de-four. La partie inférieure est ornée de carreaux de céramique encadrés par deux plinthes de marbre. Le magnifique minbar en marbre, fabriqué en Italie, provient de la mosquée al-Sayyida détruite en 1832, qui se trouvait non loin de là, en face de l’entrée principale de la résidence du Dey (Djenina).
Vue générale, fin du xixe siècle
Cette mosquée, d’allure si profondément byzantine, est pourvue d’un minaret carré à lanternon de silhouette maghrébine, couronnées d’une frise de céramique, aux proportions très élégantes. Sa forme proche des églises se retrouve dans certaines mosquées de la péninsule balkanique. On rencontre également des édifices algérois au profil similaire, comme les mosquées d’Ali-Bitchnin ou de Ketchawa. Dans l’un et dans l’autre cas, il s’agissait d’allonger la salle de prière afin d’augmenter la place réservée aux fidèles.