Exploration n Autant d’objets que de vestiges ont été mis au jour et qui apporteront de nouveaux éléments dans l’écriture de l’histoire d’Alger.
Le chantier de la place des Martyrs où des fouilles archéologiques ont été effectuées pendant un mois par une équipe mixte d’archéologues et d’ouvriers algériens et français, a été clôturé, hier, après avoir creusé, déblayé, ratissé et extrait autant d’objets que d’éléments et d’indices susceptibles de nous renseigner sur le passé de la ville d’Alger et nous donner une lecture nouvelle et une interprétation complémentaire de son histoire plusieurs fois millénaire.
A l’issue de ces recherches qui ont commencé le 4 juillet dernier et se sont poursuivies durant un mois, le constat fait par les chercheurs est que la place des Martyrs revêt un intérêt archéologique important et un riche contenu historique. Elle se présente comme étant une concentration de vestiges archéologiques : mosaïque colorée et croix révélant les débris ou les restes d’une basilique paléochrétienne datant, selon les premières estimations, du Ve siècle après J-C. Un mur de fondation contenant des fragments de céramique datant du Ier siècle après JC. un quartier de l’époque ottomane a été déterré ainsi qu’un ensemble d’objets métalliques, des pièces de monnaie en cuivre et des boulets de canon ont été également exhumés.
Par ailleurs, ont été découverts des sépultures et des ossements qui, selon les premières évaluations, semblent remonter à l’époque de Juba I, roi berbère du Ier siècle avant J.-C. Des ustensiles romains y ont été, en outre, retrouvés, tout comme les traces d’un ancien oued y ont été aussi dépistées : une série de couches de gravier et de sable témoignent de l’existence, il y a plusieurs siècles, d’un oued qui traversait la ville d’Alger. Autant d’objets que de vestiges ont été mis au jour et qui, certainement, apporteront de nouveaux éléments dans l’écriture de l’histoire d’Alger. Des témoignages précieux et constructifs. Toutes ces trouvailles, précieuses d’un point de vue archéologique et historique, ont pu résister au passage et du temps et des hommes, vont être classées par ordre chronologique. Elles seront toutes, après évaluation, classement, catégorisation et étude, acheminées vers des musées et des espaces appropriés. L’opération archéologique menée sur la place des Martyrs s’appelle, selon les spécialistes, un sondage ; et un sondage consiste à diagnostiquer le site, et cela en vue d’établir et d’avoir une idée sur le contenu et l’importance archéologique de ce dernier.
l A l’issue de cette évaluation, un rapport final sera établi et sera, par la suite, transmis au ministère de la Culture qui sera en mesure de décider, éventuellement, du lancement d’une seconde opération archéologique. Celle-ci consistera en des fouilles beaucoup plus approfondies. Car un sondage révèle en gros ce qu’il y a sur place, mais ne peut répondre à toutes les questions. Ce sont alors des fouilles appropriées et détaillées qui permettront de rassembler une multitude et un maximum d’indices et d’éléments pouvant en conséquence nous renseigner, et cela avec exactitude et d’une manière scientifique, sur le site exploré, sur son contenu et son histoire et, donc, sur le passé de la ville et de sa population. Il est à noter que ces fouilles archéologiques s’inscrivent dans le cadre d’un accord de coopération qui a été signé, pour la partie algérienne, par le ministère de la Culture et, pour la partie française, par l’Institut français des recherches archéologiques préventives (Inrap). En vertu de cet accord, l’opération a été réalisée avant le lancement des travaux de la station de métro de la place des Martyrs qui sera aménagée selon la nature du site. L’idée de recourir à ce partenariat est, selon les responsables de l’opération, intervenue lorsqu’il s’est avéré nécessaire de préserver ces sites lors des travaux du métro d’Alger au niveau du tronçon la Grande Poste – Place des Martyrs.

Yacine Idjer

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