Le pillage des sites archéologiques devient légion à Batna.
Le dernier en date et pas des moindres a été commis sur une découverte récente et concerne une mosaïque représentant une tigresse s’abreuvant de vin dans un canthare en hommage à Dionysos.

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Mise à jour au hasard d’un creusement de puits par un paysan, la mosaïque en parfait état recouvre le sol de l’une des chambres d’une grande villa de campagne, située en dehors du site de l’ex Lambeasis (Lambese). Les fouilles entreprises en 2006 par une mission archéologique présidée par Amina Aïcha Malek, membre du conseil scientifique du Centre national de recherches archéologiques algérien (CNRA) et chef de mission archéologique de Lambèse, Tazoult Algérie, ont pu mettre à jour une deuxième maison ornée d’une mosaïque unique en son genre et représentant le sacrifice manqué de Phrixos et de sa sœur Héllé, sauvés par un bélier, dont la toison d’or fera la quête de Jason rapportée par la mythologie grecque. De retour sur les lieux, mercredi passé, une mission algéro-française a été surprise de découvrir la tigresse dépourvue de sa tête et de ses pattes. Un vol commis sans aucun doute par des mains expertes.
S’agit-il d’un vol ou de simple vandalisme ? Pour le moment aucune information n’a filtré. La première interrogation qui vient à l’esprit est relative au gardiennage. A-t-on tenu compte de la valeur de cette découverte et l’a-t-on assez protégée ? A Batna, comme nous l’avons dit plus haut, le pillage des sites est légion. Il y a une année, la Douane a saisi un détecteur de métaux de grande performance. Dans les années 1990 beaucoup d’objets ont, selon certaines sources, disparu sans être retrouvés. Le pillage et la détérioration de ce patrimoine n’est rien d’autre que l’effacement de notre histoire. Il est temps de se pencher sur ces trésors inestimables afin de réécrire notre histoire déjà entamée par les historiens occidentaux.
Lounes Gribissa

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